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22Juin/070

First day in TokyoPremière journée à Tokyo初めての東京

Il est 18h heure locale à Tokyo, j'atterris à l'aéroport international de Tokyo : Narita.

Après quelques 11 heures de vol durant lesquelles j'ai dormi comme un bébé, me voilà à Tokyo !
Première mission : arriver à l'auberge de jeunesse entier et à temps.
Je vais aux guichets de vente de tickets de l'aéroport et demande un ticket vers Asakusa, la station où je voulais aller. Les standardistes parlent anglais et m'indiquent comment faire. Le prix coïncide avec ce que j'avais lu sur internet, je prends donc le train que m'indique aimablement la standardiste.

Le trajet est assez long, pas loin d'une heure, et me voilà au moment fatidique de sortir de changer de ligne.
Les panneaux étant tous en anglais en plus du japonais, aucun souci pour trouver ma voie, ouf !

N'étant pas habitué à prendre le train (je ne le prends jamais en France étant donné que je ne me déplace qu'en vélo ou en voiture) ce fut assez difficile au début. Mais comme pour tout, on s'habitue.
Je ne savais pas que le nom des stations avec des cartes étaient disponibles à chaque porte du train et m'efforcer donc de tenter de déchiffrer ce que disait la petite voix dans le train à chaque arrêt pour me repérer.
C'est alors qu'une charmante demoiselle me vit en galère (dans le brouhaha il est parfois difficile d'entendre ce que dit la voix, surtout lorsqu'on est pas habitué ni à l'anglais, ni au japonais !) et me demanda, en anglais, où j'allais. Il s'avéra que c'était le prochain arrêt et c'est ce qu'elle me dit. Ayant lu partout que les japonais étaient très fermés et ne parlaient jamais aux étrangers, encore moins en anglais, je fus très surpris par cet acte qui me permis d'arriver à destination.

Le garde au guichet des portes du métro était occupé à discuter avec d'autres étrangers. Ayant mon pass, je me permis de passer en montrant chaleureusement mon JR pass au garde qui me ne me prêta aucune attention.
Je considérai alors mon premier trajet comme un total succès. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que j'avais commis une grossière erreur : le ticket que j'avais acheté n'était que pour le trajet avec le Narita Express depuis Narita jusqu'à mon lieu de transfert. La ligne que j'ai prise ensuite n'était pas une ligne de la compagnie JR et le JR pass ne s'appliquait donc pas sur cette ligne. En théorie j'aurais du payer le ticket du second train que j'avais pris...

Enfin bon, me voici aux alentours de 20h à Asakusa. L'auberge de jeunesse était très sympa. Le staff parlait anglais, beaucoup d'étrangers étaient là.
Etant donné que j'avais dormi pendant tout le trajet, je pétais la forme en ce 22 juin au soir. Je décidai alors de marcher aléatoirement à partir de l'auberge.

Après deux heures de marche au hasard, j'arrivai dans un endroit très animé avec beaucoup de "salary men", des hommes en costard cravates qui sortent boire un coup après une journée de travail.
A vrai dire, j'étais arrivé à Ginza, un des quartiers de Tokyo les plus connus, en plein centre ville.
Je décidai alors d'entrer dans un de ces bars. Première grosse différence : tout le monde était debout autour de petites tables rondes, tous en costume, hommes et femmes.
Je m'approchai du comptoir pour commander quelque chose à boire quand je m'aperçu que je n'avais aucune idée de quoi boire ici... de la Guinness ? Non, je dois essayer quelque chose de local.
Je tentai donc en vain de lui faire choisir quelque chose pour moi, et après de longues discussions et incompréhensions, il me servait quelque chose !

C'est alors que je fus interpelé par une des tables. Je les joints avec grand plaisir. C'était un groupe de 3 personnes : 2 filles et garçon.
Il faut dire que je "puais" l'étranger : j'étais en short, en tongues et avec une "chemise marocaine" (t-shirt tout blanc à manche longue, super décontracté que j'avais acheté au Maroc) dans un des quartier les plus chics de Tokyo. Ils étaient tous en costard sauf moi qui était... à l'opposé. J'avais sûrement l'air d'un type qui vient de débarquer d'Afrique du Nord et qui cherchait son chemin ; j'en étais pas loin.
C'étaient des nouveaux employés, ils avaient donc dans le début de la vingtaine et travaillaient pour la même boite. Le mec était déjà saoul, je pensais alors qu'il était dans ce bar à boire non-stop depuis le début de l'après-midi. Maintenant avec le recul, je pense que c'était juste sa deuxième bière...
Enfin bon, je fus accueilli par ce groupe et discutai avec eux en buvant mon premier "saké" japonais. C'était très bon et très doux.
Ils parlaient un minimum anglais pour que nous puissions discuter pendant des heures. Je leur racontais la vie en France et pourquoi j'étais là.
Ils me posaient des tonnes de questions sur la France et nos coutumes, mais à cette époque c'était difficile pour moi d'en parler étant donné que pour moi, c'était la seule chose que je connaissais.
Je ne savais pas trop ce qui était différent du Japon ou ce qui pouvait les intéresser. Enfin bon, on a parlé des heures et des heures.

Ils me demandèrent alors où est-ce que j'habitais et comment je rentrai.
C'est alors que je dis que j'étais arrivé ici en marchant depuis Asakusa. Ils n'en revenaient pas...
Pour eux c'était comme faire le marathon. Deux heures de marche ? En tongues ??? Ils tombaient de haut.
Ils proposèrent alors de me raccompagner en taxi. Après de longues discussions en dehors du bar,  je n'eus d'autre choix que d'accepter.
J'avais l'adresse de l'auberge sur moi et ils me raccompagnèrent et payèrent le taxi pour moi. Je leur dois beaucoup car après le nombre de bière que j'avais bus, plus les bières qu'ils ne pouvaient pas finir, je doute être capable de retrouver mon chemin.
Quoi qu'il en soit j'arrivai sain et sauf à l'auberge pour dormir quelques heures. J'avais aussi le numéro d'une des deux demoiselles japonaises, mais pas de téléphone...

Arrivé dans mon lit, j'essayais de dormir. C'était très difficile car j'arrivai pas à savoir si ce que je venais de vivre était réel.
De toutes façons, le soleil se levait et me disait de ne pas dormir.
Ce fut ma première expérience avec le soleil japonais : il est 4h du mat, le soleil se lève.
Je pensais être déréglé, avoir mal intégré le décalage horaire, que je m'étais trompé lors de la mise à jour de l'heure de ma montre... mais non. Il était vraiment 4h du mat et le soleil se levait.
J'ai demandé à plusieurs personnes quelle heure il était, toujours la même réponse : 4h... non ce n'était pas une blague...

Il était maintenant 5h et c'était plein jour.
Ma première journée à Tokyo commence.

21Juin/070

Beginning of a long journeyDébut d’une longue aventure旅の始まり

Thursday, June 21st, the "Music day" in France, was the beginning of a long journey that was going to change my life: my first trip to Japan.

By the time I write these lines (Aug. 26th, 2010), more than 3 years have passed, and I still consider that journey as my richest experience among all my trips, in terms of human relations and human life.

We start in South of France at the end of the afternoon of the first day of summer, celebration day in France, with a big mountain bagpack.

Départ
Departure

But before starting this long travel, let see how I ended up travelling to Japan.

What is Japan for most of the kids like me, born in the 80s in France? Dragon Ball, City Hunter, Saint Seiya, Hokuto no Ken... in one two words : Club Dorothe...

The Japanese animations. We all grew up with these masterpieces, and it's our first link to the country of the Rising Sun that Dorothee managed to share with us with brio.

Well, of course that's when we are young, but it really is the first door to the Japanese culture: manga/anime.

With the Internet boom and the agressive ADSL prices in France, watching Japanese animations became easier and easier and was even very common at the end of the 90s / beginning of the 21st century.

As a good junior geek, I was also part of this phenomenum and kept watching japanese animations on Internet even though some horrible persons dare rewmoving Club Dorothee from the French TV.

The Japanese animations --m'ont alors donn envie-- to know more about that country, its culture, and I started to search on Internet information about it and I started to apprecate more and more that culture so different from ours.

Time passed, and when I entereda French Engineering School, I finally had the opportunity to learn a bit about the Japanese languge and culture.

I followed a class during one year, but as it's in an engineering school, it was only one hour per week and definitely not the class everybody was granting time on.

Anyway, it was a good way to learn the culture from a Japanese professor and the basics of the Japanese language (Japanese culture and language being in a close relation).

Then, in my school, during the first summer, we have choice between staying in France and work as an intern for a company, or go abroad and have any kind of experience.You bet I chose the late one and went to Japan! I decided to do volunteer work in Japan for about 3 months.

I ended up doing volunteer work after talking with my professor, Menini-sensei, about the fact I wanted to go to Japan.

She actually introduced me the "WWOOF", a kind of international volunteer program.

The principle is easy: you work for a family, and that family provides you food and accomodation.

I spent all April to plan my trip.

The only thing you need to do is to subscribe to the website, for $40 (WWOOF Japan), and you get access to the list of families in Japan that participate in the program.

The list provides quite a lot of information, including (but not restricted to) the contact of the family (email/phone), their activity (and what you will have to do), their location, the number of volunteers they accept at the same time, and if they speak English or other languages.

Then I started to select the families I wanted to visit, over all Japan from Hokkaido to Shikoku.

The only --crucial-- point was that they have minimum knowledge of English, because I couldn't speak a single Japanese word by then, except telling my name and counting...

I looked for families that could at least reply to me e-mails in English.

Fortunately, many of them in the list could speak English, or at list were marked as.

I then contacted by e-mail many of them, and, --at my big surprise--, almost all of them replied positively within a week!

I was really surprised because first I thought I will not have answers for a... long time (or forever...), and secondly because they were very flexible for the dates.

The summer holidays being about 2 months and a half, and as I got many positive replies, I had enough to visit a different family every month!

So I searched on Internet (Hyperdia) how to commute between each family and confirmed with each and every family the departure and arrival times.

Most families come directly to the train stations to pick you up so I bought 2 JR Pass (21 days each) to cover most of my travel expenses.

JR Pass is really a good deal if you plan to travel a lot, or wide distances. It's also very convenient because you don't have to worry about buying tickets at all. You just show the pass at the station gates and that's it!

So I had all the trains detailed timetables for all my trip.

I decided to change family each week for three reasons: 1. all the families I contacted accepted me, so I didn't want to cancel, 2. moving every week allows me to see new landscapes and help to entertain (not to get bored), and 3. in case there are families that just try to --exploit-- some young travelers or that are not friendly at all, in the worst case, it will last one week.

End of April, all my trip was planed and I could finish peacefuly my last lectures, with only one thing in my head: my departure!En ce jeudi 21 juin 2001, jour de la Fête de la Musique en France, débutait pour moi une longue aventure qui allait changer ma vie : mon premier voyage au Japon.

Au jour où j'écris ces lignes (30 déc. 2009, plus de deux ans plus tard), je considère cette expérience comme la plus enrichissante du point de vue humain parmi tous les différents voyage que j'ai faits.
Nous voici donc en fin d'après-midi du premier jour d'été, jour de fête en France, dans le Sud de la France armé d'un sac à dos de montagne.

Départ

Départ

Mais avant de commencer à raconter ce long périple, voyons comment en j'en suis arrivé à partir pour le Japon.

Qu'est-ce que le Japon pour la grande majorité de ceux, comme moi, nés dans les années 80 en France ? Dragon Ball, Nicky Larson, Ken le survivant, en un deux mots : Club Dorothée...
Les dessins animés japonais. Nous avons tous été bercés par ces chefs d'œuvre, et c'est notre premier contact avec le pays du soleil levant que Dorothée a sû nous faire partager avec brio.
Bon cela dit, ça s'est plutôt quand on est jeunes. Mais ça reste la première porte vers la culture japonaise : les mangas / animes.
Avec le boom d'Internet et la baisse des prix de l'ADSL en France, regarder des animes (dessins animés japonais) est devenu de plus en plus facile et commun à partir de la fin de années 90 / début du troisième millénaire.
En tant que bon apprenti-geek j'ai aussi suivi ce phénomène et continué à regarder des dessins animés japonais malgré l'abominable TF1 qui a osé retiré le Club Dorothée de la télévision française.

Les dessins animés japonais m'ont alors donné envie d'en connaître plus à propos de ce pays, cette culture, et j'ai commencé à me renseigner sur Internet et à apprécier de plus en plus cette culture tellement différente de la notre.
Nous arrivons alors à l'étape fatidique de l'école d'ingé, dans laquelle il m'eut été donné l'opportunité de commencer à apprendre le japonais.
J'ai donc suivi les cours de langue japonaise / culture japonaise durant un an (ouais enfin, plus ou moins suivi...).

Cependant, les cours de japonais en école d'ingé... c'est pas ce qui est le plus important pour l'école et c'est donc très très minimal.
Par contre c'est très aguichant et donne envie d'en savoir plus à propos de cette langue et cette culture (les deux étant fortement liés).
Mon école donnant l'opportunité d'effectuer un stage quelconque durant l'été entre la première et la seconde année, j'en ai profité pour aller au Japon faire œuvre de volontariat.

J'ai discuté avec ma professeur de japonais Menini-sensei du fait que je voulais aller au Japon cet été, et elle m'a alors aiguillé vers le "WWOOF", une sorte de volontariat international.
Le principe est simple : vous travaillez pour une famille et elle vous héberge et vous nourrie.
J'ai alors passé le mois d'août à préparer mon voyage. Il suffit de s'inscrire sur le site de WWOOF Japan (en anglais), ce qui coûte 40$ et vous donne accès à la liste des familles au Japon faisant partie de ce programme.
La liste est assez détaillée, et contient le contact de ces personnes (email et/ou téléphone), leur activité (= le travail que vous aurez à faire), emplacement, nombre de personnes qu'ils acceptent, et s'ils parlent anglais ou d'autres langues étrangères.

J'ai alors commencé à sélectionner les familles que je voulais visiter, disséminés à peu près partout dans le Japon, d'Hokkaido à Shikoku.
Le seul point crucial était qu'ils aient un minimum d'anglais, car je n'avais alors aucune compétence de japonais si ce n'est compter ou dire mon nom.
J'ai donc contacté par mail toutes ces familles, et à ma grande surprise, presque tous ont répondus positivement en moins d'une semaine !
Je fus très surpris car je pensais primo ne pas avoir de réponse avant... longtemps (si jamais j'avais une réponse...) et secundo je pensais qu'ils allaient être très contraignant sur les dates.
Mais à mon grand enchantement, ils étaient tous contents de me recevoir et très flexible sur les dates.
Mes vacances étant de 2 mois et demie (fin des cours : 19 juin, reprise des cours : début septembre) et ayant eu beaucoup de réponses positives, j'en avais assez pour remplir chaque semaine avec une famille différente famille à partir du 21 juin jusqu'au 5 septembre.

J'ai alors recherché sur internet (Hyperdia) comment me rendre d'une famille à une autre et ai confirmé avec chaque famille mes dates d'arrivée / départ.
Toutes les familles proposent d'aller vous chercher directement à la gare. J'ai alors acheté deux JR Pass (21 jours chacun) pour couvrir mes déplacements de juillet et août.
Le JR Pass est très avantageux pour les étrangers voyageant beaucoup au Japon. Ca vous permet aussi de pas vous prendre la tête avec l'achat des tickets. Vous avez juste à montrer le pass à chaque entrée/sortie de la gare.
J'avais donc le détail de chaque train et des transferts pour chacun de mes déplacements.

J'avais prévu de changer de famille chaque semaine pour trois raisons : 1. toutes les familles que j'avais contacté avaient répondu positivement 2. changer chaque semaine me fait voir de nouveaux paysages et m'évite de m'ennuyer 3. je craignais de tomber sur des familles horribles exploitant les jeunes et pas du tout sympathique : changer chaque semaine me permettait de n'expérimenter ça qu'une semaine au maximum.

Fin avril, mon voyage était bouclé et je terminai tranquillement mes cours n'ayant en tête qu'une seule chose : mon départ imminent pour le Japon !